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  • : La Mole, Le blog de asav-valleedelamole
  • : Défense de l'environnement dans le Var, vallée de La Mole près de Cogolin, Grimaud, Saint-Tropez - adresse mail : asav@hotmail.fr
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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 15:03

La consultation du public sur le projet de plateforme de déchets du BTP dans la vallée de la Mole s'est terminée le 20 décembre.

L'ASAV s'est fortement engagée dans la lutte contre ce projet, aux côtés des viticulteurs et des riverains, en faisant circuler l'information, en alertant les media, et bien entendu en apportant sa contribution motivée par lettre à la consultation du public.

Nous avons nous-mêmes été surpris par le nombre d'avis exprimés, car il est rare qu'à ce stade d'un projet, faute d'être informé le public se manifeste ainsi. La municipalité attendait sans doute 5 ou 6 protestations, alors qu'il y en a eu des centaines ! Nous n'avons donc pas travaillé en vain. 

Espérons que l'équipe municipale entendra cette indignation générale et saura en tenir compte.

Vous trouverez ci-après, pour information, la lettre de l'ASAV.

♣♣♣

ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE ET L’AMÉNAGEMENT DE LA VALLÉE DE LA MOLE
Association déclarée le 30 avril 1976 sous le n° 32/1976, parue au journal officiel le 14 mai 1976, reconnue par la préfecture du VAR le 10 janvier 1980.

Le 17 décembre 2020


Projet de plateforme de déchets du BTP dans la Vallée de la Mole
Avis défavorable déposé au titre de la concertation publique


Monsieur le Maire,

Comme vous le savez sans doute, l'ASAV existe depuis de nombreuses années. Elle a pour vocation de protéger et de préserver la Vallée de la Mole. Ces objectifs vont toutefois de pair avec l'accompagnement de son développement touristique et agricole dès lors que toute activité demeure compatible avec le respect de la biodiversité, des paysages, du cadre de vie et de la santé de ses habitants.

La découverte du projet de plateforme de tri et de retraitement des déchets du BTP, en entrée de ville, au cœur de la zone agricole du quartier du Rayol, n'a pas manqué de beaucoup nous surprendre.

Aussi, nous mettons à profit cette phase de concertation publique pour vous livrer nos observations.
En préambule, nous nous étonnons qu’une concertation publique sur un projet d'importance ait été organisée pendant le confinement mis en place pour lutter contre la pandémie.
Le terme même de concertation publique est-il d'ailleurs approprié s'agissant d'un projet apparemment déjà arrêté ?
En effet, à la lecture de la délibération du conseil municipal du 24 septembre et de la note de présentation destinée au public, il semble que l'intérêt général de ce projet soit déjà largement décidé.


L'intérêt du projet semble pourtant en pleine contradiction avec les enjeux territoriaux déclinés par le gouvernement, qui permettent d'accompagner les collectivités dans leur projet de territoire.
L’État souhaite, en effet, que les collectivités s'inscrivent dans un développement économe en foncier et en ressources. L'urbanisation et l'exploitation de ce site et son incidence graduée sur les abords immédiats d'une part, et les zones périphériques d'autre part, sont incompatibles avec la gestion économe des sols.

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Si effectivement, nous ne pouvons que souscrire au développement de l'économie circulaire, l'ASAV est fermement opposée au choix du site d'implantation retenu, et à toute implantation nouvelle dans la vallée de la Mole. Notre association s’efforce, en effet, de protéger la vie rurale et les agriculteurs, ainsi que les riverains, leur cadre de vie et leur santé, et les activités touristiques, vitales pour tout le Golfe de Saint-Tropez, incluant Cogolin.


Pour mémoire, notre association a participé à l'élaboration du Plan Local d'Urbanisme (PLU) approuvé en 2008 et fait siennes, au regard des engagements précédemment énoncés, les orientations de protection que le PLU a mis en œuvre sur le territoire.


Le Secteur Sud où se trouvent localisées les parcelles AX n°105, 106, 113 et 114 est dépeint comme "particulièrement marqué par les contreforts du massif des Maures et de la Vallée de la Mole" dans le rapport de présentation du PLU.
A cet effet, les enjeux du PLU sont pluriels pour conserver la qualité paysagère du secteur.
Le premier objectif affiché est la préservation des paysages agricoles. L'Institut National de l'Origine et de la Qualité ne manque d'ailleurs pas de souligner que le site du projet appartient à une entité paysagère remarquable du vignoble de l'AOC "Côtes de Provence".


La préservation de l'identité rurale de la vallée de la Mole est un deuxième enjeu qui a fait l'objet d'une protection stricte interdisant toute urbanisation.
Enfin, la vocation des espaces naturels boisés est consacrée en qualité de véritable coupure d'urbanisation à l'échelle du Golfe. (« trame verte »).
Cette préservation des espaces s'est traduite d'un point de vue réglementaire, pour ce secteur, par des classements en zone Agricole (A), Agricole protégée (Ap) et zone Naturelle (N).


Le parti d'aménagement retenu, en 2008, est donc loin du continuum urbain qui se profile à multiplier les projets sans réflexion globale en terme d'aménagement du territoire. Nombreuses sont effectivement les récentes constructions, installations et autres dépotoirs qui ternissent, peu à peu, le caractère de la Vallée.
La révision du PLU initiée en 2014, actuellement suspendue, devait pourtant, d’après les intentions déclinées lors des présentations au public, reprendre sur ce point les dispositions du PLU de 2008.


Le document présenté en réunion publique le 24 février 2016 (État Initial de l’Environnement et Diagnostic Territorial), consultable sur le site de la mairie, rappelle que « selon le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) PACA, le PLU doit prendre en compte la Trame Verte et Bleue régionale (et du SCoT) ».
Or, sans vouloir répéter tout ce qui définit, dans ce document, les prescriptions de la « trame verte », soulignons que l’espace retenu pour le projet se situe entre deux ZNIEFF toutes proches, dont l’une, la ZNIEFF terrestre de type II : « Vallée de la Giscle et de la Mole » est à proximité immédiate du site, à quelques mètres en contrebas de la RD 98 qui longe au sud les parcelles du projet. Le terrain pressenti jouxte également le réservoir de biodiversité « La Mole / les Maures », et des zones de présence de la Tortue d'Hermann, actuellement en danger d’extinction comme vous le savez.
S’agissant des couloirs écologiques, le schéma, reproduit en page 15 du diagnostic territorial, sous le titre « trame verte et bleue », montre que le secteur pressenti pour le projet se trouve précisément situé sur une « connexion à développer entre deux massifs boisés » au sein de l’espace agricole dans lequel s’inscrirait, justement, cette plateforme de déchets.

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Le projet, consistant à créer précisément à cet endroit une plateforme de traitement et recyclage de déchets du BTP, constituerait une rupture évidente des liaisons à créer ou rétablir entre les massifs boisés d’une part, entre les ZNIEFF et entre les zones « réservoir de biodiversité » d'autre part.


Une telle installation serait à tous points de vue une monstrueuse incongruité, très laide, très bruyante, avec de forts risques de pollutions de l’air et de l’eau, par dépôt de poussières, par infiltration ou ruissellement. Il ne faut pas oublier que la nappe phréatique voisine est fragile, ainsi que les zones de captage du Rayol, toutes proches, qui alimentent en eau potable une bonne partie du Golfe.
La biodiversité et les paysages servant d'écrin à l'économie touristique et agricole, les impacts seraient donc également économiques. Non seulement cette entrée de ville dégradée ne serait pas d’un accueil très engageant pour les visiteurs arrivant à Cogolin et dans le Golfe, mais cette installation, avec tous les inconvénients qu’elle entraînerait, ferait fuir la clientèle des chambres d’hôtes qui font vivre nombre d’habitants de ce quartier.


Il est évident que, parmi les nuisances inévitables, le bruit serait une atteinte directe au cadre de vie des résidents et des vacanciers. Nuisances sonores produites par les engins qui travailleraient sur ce chantier, concasseurs, trieurs, grues, allées et venues de camions qui viendraient charger et décharger. Leur portée serait à plus d’un kilomètre alentour, impactant non seulement de nombreuses propriétés isolées, mais aussi, au passage, le lotissement du « Bois Fleuri », situé à moins de 400 mètre du projet.


Atteinte à l'économie agricole, enfin, et sans doute l'un des points majeurs qui font obstacle à cette procédure, l'agriculture qui est directement menacée par la modification du PLU comme le soulignent la Chambre d'Agriculture et l'INAO, dans leurs avis défavorables respectifs.
Nous souscrivons entièrement à leurs observations.
Les vignes situées à proximité du projet, dont une partie classée en AOC, n’auraient rien à gagner à voir s’implanter au milieu d’elles une telle plateforme. Les effets indésirables seront nombreux : retombées de poussières, inévitables malgré toutes les précautions, croissance des vignes perturbée et qualité des récoltes dégradée. A terme, les parcelles du secteur risqueraient d’être déclassées, et de voir leur valeur se déprécier, de même que celle des propriétés voisines.


Nonobstant l'ensemble des arguments qui précédent, l'atteinte à la "sécurité publique" des usagers de la route départementale est également à souligner. Sur ce point, le Conseil Départemental est invité à s'exprimer et nous serons attentifs à l'avis qui sera délivré. Pour ce qui nous concerne, il est inévitable que les flux de véhicules attendus, à minima 40 rotations de camions par jour suivant la note de présentation, créeraient, sur cette portion de droite où les usagers accélèrent à la sortie de virages sans bonne visibilité, un risque non négligeable de drames supplémentaires sur une route très fréquentée, dangereuse et déjà fortement accidentogène.


Ces observations, nous les faisons au titre de la protection des paysages, de l’agriculture, de l’environnement, des espaces naturels et de la biodiversité, de la sécurité et du cadre de vie, au vu des documents établis, et des études préalables aux documents à venir.
Nous sommes évidemment favorables, comme vous, à la recherche de solutions permettant de limiter les « décharges sauvages », et de trouver des solutions au difficile problème des déchets. Mais nous ne pensons pas que cet établissement privé, donc payant, permettrait de régler le problème. Par ailleurs, d’après les premiers résultats de nos recherches, il semblerait que soient encore loin d’être atteintes les capacités des établissements de recyclage et de traitement actuels, ou des sites approchants, abandonnés ou en fin de vie, qui pourraient être adaptés.

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Quoi qu’il en soit, L’ASAV ne peut qu’opposer un avis très défavorable à ce projet, dans la zone où il est prévu, comme à toute installation supplémentaire du même type dans la Vallée de la Mole, ainsi qu’à la modification de la vocation de ces parcelles classées agricoles au PLU.


En espérant que vous accepterez de tenir compte de ces observations, pour le bien de la Vallée de la Mole, notre patrimoine à tous,


nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre parfaite considération

 

                                     Catherine BIRON, présidente de l’ASAV


Pièces Jointes :
1 - copie des contributions par mail (8 pages, 19 contributions) de quelques personnes qui ont préféré transmettre leurs observations par l’intermédiaire de l’ASAV. Sur ces copies nous avons gardé les noms, mais caché les adresses mail. Si des réponses nominatives étaient envisagées par la commune, nous vous prions de les adresser aux contributeurs sous couvert de l'association, qui transmettra aux intéressés.
2 - lettre de M. Patrice de Colmont
3 – le terrain du projet dans son environnement, vu du ciel
4 – vue imprenable sur le terrain depuis la maison d’un des riverains,
5 – vue du terrain dans son cadre paysager, et depuis la RD 98
6 – plan montrant les diverses installations de traitement des déchets autour de Cogolin
7 – trame verte et bleue ; le terrain se situe dans une « connexion à développer en zone agricole entre deux massifs boisés », aussi désignée comme « corridor écologique à restaurer »

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